Un projet de monument en mémoire des Poilus corses

, Un projet de monument en mémoire des Poilus corses
, Un projet de monument en mémoire des Poilus corses

Délégué Cidan (Civisme défense armée nation) pour la Corse, Gaston Leroux-Lenci lance un appel pour l’édification d’un monument en l’honneur des poilus corses tombés durant la guerre 14-18. « Pour ne jamais oublier les enfants de la Corse tombés loin de leur terre »

Vous êtes à l’origine d’un projet ambitieux dont le but est d’ériger un monument à la mémoire des soldats corses morts pendant la Grande Guerre et dont les tombes sont disséminées sur le tout le territoire. Qu’est-ce qui vous a poussé à lancer cette initiative ?

L’idée a germé vers 2019 mais elle a été interrompue du fait de la pandémie que nous avons connue. C’était à l’occasion d’une conférence à Dunkerque que je donnais sur l’historique du Service de santé des armées. Je me suis rendu sur les tombes de soldats corses décédés lors de la Grande Guerre et j’ai pu constater le nombre incroyable de sépultures disséminées dans les différents cimetières de la région. L’idée d’ériger un monument unique afin de leur rendre hommage, ainsi qu’à leurs familles, s’est alors imposée à moi. Le but est de proposer un lieu unique pour le recueillement des familles. N’oublions pas qu’il y a eu énormément de disparus. Des soldats dont on ne sait même pas où se trouvent les tombes. De même, je ne voulais pas d’un énième monument mettant en exergue les valeurs patriotiques, guerrières ou la victoire, mais plutôt l’expression de la douleur des proches et du poids des soldats tués ou disparus. En effet, dans une région comme la nôtre, très durement touchée par rapport au nombre d’habitants, l’absence des hommes tués a été lourdement ressentie à tous les niveaux : démographique, économique et culturel. De nombreux villages ont périclité. Je me suis aussi souvenu qu’en Corse, après la Première Guerre mondiale, il y avait ce que l’on appelait « la procession des veuves » du 15-Août avec ces veuves et orphelins qui ont dû supporter ce vide occasionné par la mort de leur mari ou père. Un aspect qui a trop longtemps été occulté à mon sens. La douleur de ceux qui sont restés et qui doivent désormais vivre avec l’ombre du défunt.

À quoi ressemblera ce monument et qui en assurera la conception ?

Je souhaitais un lien intergénérationnel. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à une lycéenne d’Ajaccio, Laurine Rossi, qui, malgré son jeune âge, est une artiste accomplie et douée d’un sens intuitif indéniable, de mettre sur papier ma vision de ce monument. Elle a de suite compris ce que je voulais symboliser : l’ombre découpée d’un soldat dans une plaque en inox du poilu se projetant sur sa famille représentée par une femme avec un panier de linge sur la tête et qui tient par la main un petit garçon et une petite fille. Tout cela pour bien montrer ces femmes et enfants qui ont dû faire face à la vie sans l’époux, le père tué au combat. Le résultat donnera lieu à une grande plaque en inox d’une largeur de 1,50 m sur 2,20 m de haut qui sera réalisée par une entreprise spécialisée.

Vous souhaitez aussi mettre à contribution l’ensemble des villages insulaires…

Effectivement. Tout le monde connaît la borne de la Terre sacrée sur la route des Sanguinaires, à Ajaccio, où se trouve insérée une poignée de terre prise au champ de bataille. Je propose de faire l’inverse. Avec, cette fois, une urne contenant une poignée de terre de chaque village de notre île qui sera insérée au pied du monument. Le recueil de cette poignée pourra donner lieu dans chaque village à une cérémonie en présence des associations d’anciens combattants ainsi que des jeunes.

Là encore, cela représente un double symbole : d’une part, en mémoire des soldats corses tombés au combat. Chacun et chacune, quel que soit son âge, pourra ainsi apporter sa pierre à l’édification de ce monument. Et d’autre part, cet apport de terre venant de Corse est à mon sens le plus bel hommage que nous puissions rendre à nos soldats morts loin de chez eux. Pour ce faire, le maire de chaque village de l’île recevra un courrier ou un représentant de Cidan Corse lui expliquant cette démarche.

Où comptez-vous ériger ce monument et quels sont les critères retenus pour son édification ?

Il ne faut pas oublier que nos compatriotes insulaires n’ont pas uniquement combattu dans les deux régiments corses les plus connus. Il y en avait partout. Le lieu d’implantation de ce monument unique en France sera donc choisi en fonction de plusieurs paramètres : les combats, la présence de soldats corses, etc. Un appel à candidature national va être lancé et les municipalités intéressées fourniront un dossier comportant l’emplacement dédié au monument ainsi qu’un engagement à l’entretien de celui-ci. Des cérémonies prévues à des dates anniversaires pourront être organisées avec des autorités et des scolaires venant de l’île dans le cadre d’actions mémorielles. De même, les familles de soldats corses dont les dépouilles n’ont pas été retrouvées auront désormais un monument pour se recueillir. Ce monument n’existe pas pour le moment en France.

Un coût de 110 000 €

Aujourd’hui, c’est un appel aux dons que vous lancez pour la création et l’édification de ce monument…

Cet appel s’adresse à tous les Corses, y compris du continent et ceux de l’étranger, ainsi qu’aux amis de la Corse. Vous l’aurez compris, l’apport de la diaspora est essentiel pour concrétiser ce projet unique. La gestion des dons se fera en toute transparence avec un triple contrôle au niveau local et national. En local, le comité de gestion de Cidan Corse composé de membres de notre région assurera un premier niveau de contrôle, puis un expert-comptable sur Ajaccio assurera un deuxième contrôle et, à l’échelon national, c’est le trésorier national de Cidan qui effectuera un contrôle. Avec un seul but : pouvoir réaliser ce monument en l’honneur de nos poilus, ainsi que de leurs familles restées dans le deuil suite à ce conflit. Le prix du monument est de 110 000 €. Toute personne, commune, association ou entreprise qui fera un don d’un montant minimum de 5 000 € recevra une miniature du monument d’une hauteur de 15 centimètres environ.

Quels sont vos partenaires à ce jour pour mener à bien ce projet ?

Le groupe de chanteurs Alte Voce, viscéralement attaché à sa terre et à son histoire, est le partenaire exclusif de Cidan Corse depuis de nombreuses années lors d’actions mémorielles. Le groupe, qui a d’ailleurs composé une chanson intitulée Corsica : 373e Régiment d’infanterie, s’est produit lors de l’inauguration du monument érigé dans les Vosges (à l’initiative de Jean-Louis Poli, ancien délégué Cidan pour la Corse). Il est évident que lors de l’inauguration du futur monument, ces interprètes seront encore une fois présents pour rendre hommage à nos morts, disparus et à leurs familles. Jacques Tissier, président de Cidan, nous apporte aussi son soutien dans cette action mémorielle ainsi que le Crédit Mutuel, agence du Diamant à Ajaccio.

Contact : gaston.leroux-lenci.cidan.corse@orange.fr ou 06 11 24 72 72

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