Saintes : « Le but, c’est de faire découvrir ces voies romaines, c’est du patrimoine

, Saintes : « Le but, c’est de faire découvrir ces voies romaines, c’est du patrimoine

6,5 m de large

Jean-Louis Hillairet, qui a rejoint le projet en 2014, à sa retraite, a notamment travaillé sur des photographies aériennes où on distingue des voies dans des champs autour de Saintes, comme à Taillebourg par exemple, la voie romaine menant à Angers et Nantes. « On distingue deux ou quatre fossés, ça dépend, poursuit l’archéologue. La voie faisait 16 à 20 mètres de large, avec des fossés bordiers pour drainer l’eau de la route. La voie en elle-même pour circuler mesurait 6,5 mètres de large. »

Sur ordinateur, ils ont créé une carte IGN « pour saisir ce que l’on voyait » : camps néolithiques (-10 000 à -2 500), nécropoles protohistoriques (du XVIIe au Ier siècle avant notre ère), tumuli isolés (qui abritent des sépultures) et donc aussi des voies romaines. Comment être sûr que ce ne sont pas des voies plus récentes ? « J’ai travaillé sur des articles de Marcel Clouet, de 1934, qui décrivaient la voie de hameau en hameau, dans la continuité des travaux de François-Auguste Lièvre au XIXsiècle. »

Sur la voie Agrippa

Tout le monde ne le sait peut-être pas mais Saintes, à partir du Ier siècle avant notre ère, rayonnait sur toute la Gaule, au même titre que des grandes villes comme Lyon et Reims. Grâce aux cartes dans le livre, le lecteur peut observer les relevés cartographiques qui permettent de connaître le tracé de telle ou telle voie principale, mais aussi les secondaires.

L’ouvrage contient de nombreuses cartes et photographies aériennes.
L’ouvrage contient de nombreuses cartes et photographies aériennes.

É. L.

Si la capitale saintongeaise est connue pour son étoile ferroviaire, elle l’était vingt siècles plus tôt pour son étoile routière. Pour l’archéologue, « les Romains ont amélioré les chemins déjà existants. À la vitesse où César avançait avec 300 000 hommes, je ne pense pas qu’ils passaient par les forêts. » De Mediolanum, il était possible de se rendre à Limoges, Lyon, Périgueux, Poitiers, Nantes ou Angers mais aussi sur la côte vers l’île d’Oléron ou Barzan.

“Les Romains ont amélioré les chemins déjà existants”

Le livre permet aussi d’observer certaines voies secondaires comme celle venant de Poitiers et passant au nord de la Charente-Maritime, dans la Plaine d’Aunis, par Courçon pour arriver au port de L’Houmeau. Ou la route en provenance de Lyon, qui traversait Loulay et Surgères. « Le but de cet ouvrage est de faire découvrir ces voies, c’est du patrimoine ! », indique Jean-Louis Hillairet.

À la fin, on trouve un index qui recense toutes les communes traversées, comme Chaniers et Les Gonds. La Région s’intéresse à la voie d’Agrippa, entre Saintes et Lyon. « Elle serait partante pour y poser de la signalétique et des panneaux informatifs entre Limoges et Saintes. » À suivre.

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