Pourquoi y a-t-il des monuments aux morts

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Les spécialistes estiment que le premier exemple français de monument portant les noms de combattants morts au combat est celui de la porte Désilles à Nancy, édifiée entre 1782 et 1784 pour commémorer l’indépendance des États-Unis et qui rend également hommage aux Nancéiens morts durant la bataille de Yorktown.

La Première Guerre mondiale en France fait 1,4 million de morts et 3 millions de blessés, sur 8 millions de mobilisés

En mars 1800, Napoléon Bonaparte fit adopter un arrêté consulaire pour que soient élevées des Colonnes départementales » à la mémoire des soldats pour la défense de la patrie et de la liberté ». Mais cette mesure ne fut pas vraiment suivie d’effet. Après la guerre de 1870, des monuments aux morts furent érigés dans de nombreuses régions de France. C’est à ce moment-là que la IIIe République inaugura ses premières formes de célébrations patriotiques et scolaires. Néanmoins, le tournant décisif dans l’histoire des monuments aux morts se produisit au moment de la Première Guerre mondiale. Ce conflit entraîna une véritable hécatombe, puisqu’il y eut en France 1,4 million de morts et 3 millions de blessés sur 8 millions de mobilisés.

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La construction des monuments aux morts s’imposa comme un impérieux devoir de mémoire. Entre 1920 et 1925, 35 000 monuments aux morts furent érigés. Un véritable maillage mémoriel fut ainsi mis en place sur tout le territoire national sous l’impulsion des anciens combattants, qui formaient alors 90 % des hommes de 20 à 50 ans en France.

L’Etat encouragea cette mobilisation mémorielle dès le début de la guerre. Le statut de « mort pour la France » fut introduit par la loi dès 1915. Son attribution acquit d’emblée une grande importance pour les familles des victimes car elle donnait droit aux pensions pour les veuves et au statut de pupilles de la nation pour les orphelins. Dans le même temps, l’Etat encouragea l’édification des monuments aux morts car c’était un moyen de justifier, auprès des familles, les décisions politiques qui avaient conduit à cette hécatombe, en répétant inlassablement que les hommes tués au combat avaient sacrifié leur vie pour défendre leur patrie. (…)

Des querelles illustrent l’analyse de l’historien Reinhart Koselleck. Ce sont toujours les vivants qui décident pour les morts car ils doivent donner un « sens » à la disparition de ceux qui ont péri sur le champ de bataille. Voilà pourquoi ils font comme si les morts avaient défendu la cause pour laquelle ils s’engagent eux-mêmes en tant que survivants.

Bibliographie

Reinhart Koselleck, Les monuments aux morts comme fondateurs de l’identité des survivants, Revue de Métaphysique et de Morale, nº 1, 1998,

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